Harmonie de Caëstre

Nord - France


La trombone

trombone

Le trombone moderne possède des origines multiples. La plus proche de l'instrument actuel est la sacqueboute utilisée sous différentes formes au Moyen Age. Sa coulisse apparaît au IXe siècle, enrichissant considérablement ses possibilités. Une période de relative disparition durant l'invention et la mise en oeuvre de la polyphonie précède une renaissance du trombone chez les polyphonistes du XVe siècle (Ockeghem), jusqu'au début du baroque (Monteverdi, Sonata da Chiesa, 1610).

Il disparaît à nouveau dans la musique baroque (XVIIe et XVIIIe siècles), pour revenir de façon définitive dans l'orchestre moderne à la toute fin du XVIIIe siècle, d'abord dans la musique religieuse (Haydn), puis dans les symphonies de Beethoven, de Schubert et bien sûr de Schumann (second mouvement de la Symphonie rhénane).

Alors que les instruments à vent ont tous un mode de production du son rendant impossible ou très difficile la variation continue de hauteur , le trombone est capable d'émettre facilement des glissandi. Cette seule faculté a longtemps justifié l'affection des compositeurs du XXe siècle pour cet instrument. Elle n'est pourtant pas la plus impressionnante, et l'emploi des sourdines, cumulé avec des modes de jeu comme le flatterzunge décuple la palette sonore de cet instrument.

Le trombone appartient à la famille des cuivres, comme la trompette, le tuba et les saxhorns. On utilise pour sa fabrication le cuivre jaune (alliage de laiton) ou le cuivre nickelé. Comme la trompette et contrairement au cor, sa perce est cylindrique terminée par un pavillon.

Jusqu'au XVIIIe siècle, les trombones étaient fabriqués en trois tailles différentes : LE TROMBONE ALTO en mi bémol (parfois en fa), plus court que le ténor / basse actuel de 30 centimètres. Il est aujourd'hui très rare, et bien qu'Alban Berg l'ait employé dans ses trois pièces pour orchestre, sa partie est généralement confiée au trombone ténor.
  • LE TROMBONE TÉNOR en si bémol (parfois en do), était encore très employé au début du siècle. Sa sonorité très voisée devient nasillarde lorsqu'il est joué fortissimo. 
  • LE TROMBONE BASSE est souvent muni de deux clefs de pouce permettant de transposer instantanément le son. Ce dispositif permet d'écourter les mouvements de la coulisse qui, pour les sons graves, doivent être très longs. 
  • LE TROMBONE CONTREBASSE en si bémol (parfois en do), est quelque fois muni d'une double coulisse permettant d'écourter les mouvements de la main, de façon à les réduire à ceux d'un trombone ordinaire (ténor / basse).
Aujourd'hui, sauf rares exceptions (Sequenza V de Luciano Berio), c'est le trombone ténor / basse qui est utilisé. A l'orchestre, il joue les trois parties d'alto, de ténor et de basse jadis confiées aux trombones du même nom.
Comme pour la plupart des instruments à vent, le trombone permet de varier la hauteur d'une note en agissant sur deux paramètres.
Du côté de l'instrument, on allonge ou on raccourcit le tuyau pour obtenir une fréquence fondamentale adéquate.
Du côté de l'instrumentiste, on sélectionne l'harmonique voulue, en agissant sur la taille et la force de la colonne d'air.

L'originalité du trombone est de permettre une variation continue du premier paramètre : la fréquence fondamentale du son, aussi appelée "note - pédale" qui peut opérer un glissando grâce à un mouvement continu de la coulisse. La coulisse peut adopter sept positions.

Sur le trombone ténor/basse, une clef de pouce permet de changer instantanément la longueur du tuyau. La fondamentale la plus grave est alors un fa, situé une quarte juste sous le si bémol. Cette invention, attribuée au facteur Sattler, à Leipzig en 1839 était initialement conçue pour faciliter le jeu des notes - pédale les plus graves (sous le sol). Elle est aujourd'hui utilisée surtout pour faciliter certains enchaînements de notes, en réduisant le déplacement de la coulisse.

Pour un même intervalle, la distance parcourue par la coulisse est variable. Pour franchir un demi-ton de la première à la seconde position (si bémol à la), elle est de 8,4 centimètres, mais pour un demi-ton situé entre les sixième et septième positions, elle est alors de 11,3 centimètres. Ce réglage précis permet d'obtenir sur le trombone une justesse absolue, contrairement aux instruments qui ne produisent leur hauteur que par un système de pistons. En effet, dans ce dernier cas, les harmoniques servant à émettre telle ou telle hauteur ne peuvent être corrigées que par les lèvres, ce qui n'est pas toujours réalisable dans des séquences rapides.

L'instrumentiste qui emploie la clef de pouce pour transposer les hauteurs jouées à la quarte inférieure doit alors veiller à agrandir les mouvements de la coulisse d'un tiers. En effet, le rapport de la longueur de deux tuyaux accordés à la quarte est de 4:3.

En choisissant une harmonique donnée par une position particulière des lèvres et une certaine pression de la colonne d'air, on produit un glissando de cette harmonique par un mouvement continu de la coulisse.

La limite supérieure de la tessiture du trombone est variable suivant les instrumentistes. Elle exige une grande maîtrise de la largeur de la colonne d'air, réduite à son minimum.


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